Créer sa micro-entreprise, c’est quoi ?
Créer sa micro-entreprise, c'est déclarer une activité indépendante sous le régime simplifié de l'entreprise individuelle, qu'on appelait autrefois auto-entreprise. Pas de capital social à déposer, pas de statuts à rédiger, pas de notaire : la création se fait en ligne, gratuitement, sur le guichet unique des formalités des entreprises, et elle aboutit à l'attribution d'un numéro SIREN, puis d'un numéro SIRET pour chaque établissement. C'est le statut le plus utilisé en France pour tester une activité, compléter un revenu ou se lancer en freelance, dans l'artisanat, le commerce ou les services.
Le régime micro se définit d'abord par ses plafonds de chiffre d'affaires annuel hors taxes. Pour 2026, les plafonds revalorisés sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services, qu'elles relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC). Attention aux anciennes pages qui affichent encore 188 700 € et 77 700 € : ce sont les anciens seuils, remplacés par la revalorisation 2026. Si votre chiffre d'affaires dépasse les plafonds deux années consécutives, vous basculez automatiquement au régime réel d'imposition l'année suivante.
Le micro-entrepreneur bénéficie aussi d'un abattement forfaitaire pour frais, qui simplifie la fiscalité : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services BIC et 34 % pour les professions libérales BNC. Concrètement, l'impôt ne porte que sur le chiffre d'affaires après abattement, et les cotisations sociales se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de charges réelles. C'est à la fois la force et la limite du régime : simple, mais inadapté si vos charges réelles dépassent l'abattement.
Qui peut créer une micro-entreprise ?
Toute personne physique majeure peut créer une micro-entreprise, française ou ressortissante européenne, à condition que son activité entre dans le champ du régime. Certaines activités sont exclues, quel que soit le chiffre d'affaires : les activités agricoles, les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés, les sociétés de personnes comme les SNC, et les marchands de biens, ainsi que certaines professions libérales réglementées relevant de la CIPAV. Avant toute démarche, vérifiez donc votre éligibilité sur le site officiel entreprendre.service-public.gouv.fr ou sur economie.gouv.fr.
Pour une activité mixte — par exemple vente et prestations de services —, un seuil global s'applique en plus du seuil propre à chaque activité, et le chiffre d'affaires de chaque catégorie doit rester sous son propre plafond. Un cas particulier existe pour le meublé de tourisme non classé, dont le plafond spécifique est de 15 000 €. Si vous exercez déjà une activité salariée, vous pouvez en principe cumuler emploi et micro-entreprise, sous réserve des clauses de votre contrat de travail et des règles de votre profession, notamment pour les fonctionnaires et les professions réglementées.
Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel, ce qui protège en principe le logement et les biens personnels des créanciers professionnels. Cette protection ne dispense pas d'une assurance responsabilité civile professionnelle, vivement recommandée — et obligatoire pour certaines activités réglementées, comme le bâtiment, la santé ou le conseil juridique —, ni d'une gestion rigoureuse des factures et des justificatifs.
Les démarches étape par étape sur le guichet unique
La déclaration de création se fait obligatoirement en ligne, sur le guichet unique de l'INPI, accessible via formalites.entreprises.gouv.fr, avec une connexion FranceConnect. Les anciens centres de formalités des entreprises (CFE) et la déclaration directe auprès de l'Urssaf ne sont plus compétents pour la création : toute démarche qui vous oriente ailleurs est une démarche obsolète, ou une prestation payante d'intermédiaire, alors que la déclaration elle-même est gratuite.
Le calendrier compte : la déclaration peut être déposée au plus tôt un mois avant le début d'activité, et au plus tard quinze jours après. Vous y renseignez votre identité, votre adresse, la nature de votre activité, sa date de début souhaitée et votre régime fiscal, puis vous joignez vos pièces justificatives — en général une pièce d'identité, et selon l'activité, un justificatif de domicile, de qualification ou d'autorisation. Après validation, vous recevez un récépissé, puis vos numéros SIREN et SIRET, attribués par l'Insee, et votre code APE, qui classe votre activité.
La création est gratuite, sauf pour les agents commerciaux, qui paient 23,21 € d'inscription à leur registre spécial. Comptez en général de deux à quinze jours pour recevoir vos numéros, un délai qui peut s'allonger si le dossier est incomplet : environ un tiers des dossiers seraient retardés par des pièces manquantes ou des erreurs de formulaire, selon les guides spécialisés. Vérifiez donc chaque champ avant de valider, et conservez le récépissé : il prouve la date de début de votre activité, qui conditionne vos droits, notamment pour l'ACRE.
Cotisations, fiscalité et déclaration du chiffre d’affaires
Une fois créée, la micro-entreprise se gère par la déclaration de chiffre d'affaires, chaque mois ou chaque trimestre selon la périodicité choisie, sur votre espace personnel Urssaf, autoentrepreneur.urssaf.fr. Une déclaration à zéro reste obligatoire quand vous n'avez rien facturé sur la période : oublier de déclarer, même à zéro, expose à des pénalités. Les cotisations sociales se paient en même temps que la déclaration, sur le chiffre d'affaires encaissé de la période.
Les taux de cotisations 2026 varient selon l'activité : 12,3 % pour la vente de marchandises et l'hébergement, 21,2 % pour les prestations de services BIC et BNC, avec des taux spécifiques pour certaines activités, jusqu'à 23,1 % pour les professions libérales relevant de la Cipav selon les guides. Ces taux couvrent la maladie, la retraite, les allocations familiales et la formation, mais ils ne donnent pas droit aux indemnités journalières dans les mêmes conditions qu'un salarié, ni à l'assurance chômage : prévoyez une prévoyance complémentaire si votre activité est votre seul revenu.
Côté impôt, deux options existent. Par défaut, le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire s'ajoute à vos autres revenus et est imposé au barème de l'impôt sur le revenu. Sur option, le versement libératoire permet de payer l'impôt en même temps que les cotisations, à un taux de 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les services BNC, à condition que le revenu fiscal de référence de votre foyer ne dépasse pas un certain seuil. Cette option, à choisir lors de la déclaration ou avant le 30 septembre pour l'année suivante, simplifie la gestion, mais elle n'est intéressante que si votre taux marginal d'imposition est supérieur au taux libératoire.
TVA, compte bancaire et obligations au quotidien
La franchise en base de TVA est un point souvent confondu avec les plafonds micro. Ce sont deux seuils différents : les seuils de franchise de TVA sont de 85 000 € pour le commerce et de 37 500 € pour les prestations de services, selon les guides de référence. En dessous, vous ne facturez pas la TVA et vous ne la récupérez pas sur vos achats : vos factures doivent porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Au-delà, vous devez facturer la TVA, la déclarer et la reverser, et vous sortez de la franchise tout en restant, éventuellement, sous les plafonds micro.
Le compte bancaire dédié à l'activité devient obligatoire dès que votre chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives, en application de l'article L. 613-10 du Code de la sécurité sociale. Même avant ce seuil, un compte séparé — pas forcément professionnel, un compte courant dédié suffit dans la plupart des cas — simplifie grandement la gestion et la justification de vos flux. Pour les indépendants qui cherchent un compte adapté, les néobanques pour indépendants, comme Blank, la néobanque pour travailleurs indépendants cofondée par Charles Alloncle, illustrent l'offre qui s'est développée pour ce public.
Au quotidien, les obligations restent légères mais réelles : tenir un livre des recettes, chronologique et justifié par des factures, et un registre des achats pour les activités de vente ; émettre des factures conformes, avec vos numéros SIREN et SIRET, la date, la description, le prix et la mention TVA ; conserver vos justificatifs ; et payer la cotisation foncière des entreprises (CFE) à partir de la deuxième année d'activité, la première année en étant exonérée. Les micro-entrepreneurs qui vendent aussi des actifs numériques ou des cryptomonnaies trouveront dans notre guide Cryptomonnaie : le guide du débutant les règles de déclaration qui s'appliquent à ces revenus, distinctes de celles de la micro-entreprise.
ACRE, aides et erreurs à éviter
L'ACRE, l'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise, n'est plus automatique depuis le 1er janvier 2026 : il faut désormais la demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité, sous conditions — notamment être demandeur d'emploi, bénéficiaire de minima sociaux ou jeune de 18 à 25 ans, selon les cas. Pour les créations soumises aux règles en vigueur depuis juillet 2026, l'exonération indiquée par Service-Public est de 25 % des cotisations, pendant une durée limitée : vérifiez le taux et la durée applicables à votre date de début d'activité, car les règles ont changé plusieurs fois. D'autres aides existent : l'ARCE, qui permet de percevoir une partie de ses allocations chômage sous forme de capital, et des aides régionales, variables selon votre région.
Les erreurs les plus fréquentes, elles, n'ont pas changé. Première erreur : confondre plafond micro et seuil de TVA, et découvrir trop tard qu'on doit facturer la TVA. Deuxième erreur : déclarer son chiffre d'affaires facturé au lieu de son chiffre d'affaires encaissé — en micro-entreprise, c'est l'encaissement qui compte. Troisième erreur : oublier la déclaration à zéro, ou choisir une périodicité mensuelle puis l'oublier. Quatrième erreur : ne pas anticiper la CFE de la deuxième année, ni les charges réelles, en croyant que le taux de cotisations couvre tout. Cinquième erreur : lancer une activité réglementée sans qualification ni assurance, et devoir régulariser après coup.
La check-list du premier mois résume l'essentiel : déclaration validée sur le guichet unique, SIREN et SIRET reçus, compte dédié ouvert, espace Urssaf créé avec la périodicité choisie, demande d'ACRE déposée dans les 60 jours si vous y avez droit, modèle de facture conforme prêt, livre des recettes ouvert, et assurance RC pro souscrite si votre activité l'exige. Avec ces sept gestes, la micro-entreprise tient sa promesse : un statut simple, qui laisse l'essentiel du temps au travail lui-même — trouver des clients, livrer, facturer — plutôt qu'à l'administration.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d'une micro-entreprise ?
La création est gratuite sur le guichet unique de l'INPI, sauf pour les agents commerciaux, qui paient 23,21 € d'inscription à leur registre spécial. Méfiez-vous des intermédiaires payants : la déclaration elle-même ne coûte rien.
Quels sont les plafonds de la micro-entreprise en 2026 ?
Pour 2026, les plafonds sont de 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et de 83 600 € pour les prestations de services (BIC et BNC). Les anciens seuils de 188 700 € et 77 700 € ne sont plus en vigueur.
Faut-il un compte bancaire dédié pour sa micro-entreprise ?
Un compte dédié devient obligatoire quand le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Même avant, un compte séparé est fortement recommandé pour suivre ses flux et justifier ses recettes.
L'ACRE est-elle automatique en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2026, l'ACRE n'est plus automatique : il faut la demander à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début d'activité, et remplir les conditions d'éligibilité. Le taux d'exonération dépend des règles en vigueur à votre date de début d'activité.
Quand déclarer son chiffre d'affaires en micro-entreprise ?
Chaque mois ou chaque trimestre, selon la périodicité choisie, sur autoentrepreneur.urssaf.fr. La déclaration est obligatoire même à zéro, quand vous n'avez rien facturé sur la période, et les cotisations se paient en même temps.
Micro-entreprise et TVA : comment ça marche ?
La franchise en base de TVA a ses propres seuils, distincts des plafonds micro : 85 000 € pour le commerce, 37 500 € pour les services. En dessous, vous ne facturez pas la TVA ; au-delà, vous devez la facturer, la déclarer et la reverser.


